starbuck café got

Le message caché

Les messages cachés, intentionnels et réfléchis pour parler à notre subconscient ou effectuer un clin d’oeil à une référence donnée, sont fréquents dans les slogans ou dans les messages publicitaires.

On parlera de l’ours qui s’est glissé dans le logo Toblerone, le Wilhelm Scream qui parle à tous les Sound Designers de la planète…

Lorsque c’est moins drôle, c’est quand le message n’est pas calculé, dû à une faute de frappe dans un article de presse, un lapsus, ou encore, une couleur douteuse, un oubli ou un mauvais cadrage… cf l’étrange café Starbucks de Daenerys Targaryen dans le décor médiéval de la série GOT !

Il existe des quantités d’exemples à donner, et qui sont toujours un régal pour illuminer nos journées. Effectivement, c’est rassurant de savoir que même les grands font des bourdes ! Et de sacrées, parfois !

Pour analyser un peu l’efficacité des messages cachés et les double lecture, je vous propose de regarder ceci :

message caché

 

ICI, c’est calculé, et c’est de l’orfèvrerie

Bonne journée à tous

Emilie COURTS

Un nouveau parti politique pour les européennes, mené par Olivier Bidou

Un représentant pour les artisans-commerçants-indépendants

En parler, déjà en parler, savoir que ça existe… [enfin!]

Les élections européennes débutent le jeudi 23 mai 2019. Dans ce contexte, EC Média a fait la découverte d’un parti politique bien différent des partis habituels… qui, malheureusement, souffre du manque de visibilité auprès des « foules » et des médias traditionnels.

première réunion à Paris pour présenter les "Oubliés de l'Europe"
Première réunion à Paris pour présenter les « Oubliés de l’Europe »

Un nouveau parti

A Strasbourg, nous sommes bien au courant de ce qui se passe à l’échelle européenne, ne serait-ce que par les bouchons provoqués dans le quartier du Wacken à chaque session parlementaire ! Au delà de ça, ce qui est intéressant de constater, c’est qu’il y a du mouvement dans la classe politique.

Non, ce n’est pas le parti Gilet Jaune.

Ce nouveau parti émerge tout de même d’un constat et d’un certain ras-le-bol concernant ceux qui travaillent. Les « petits » chefs d’entreprise, ceux que l’on maltraite à coup de taxes et qu’on a tendance à glisser dans le même sac que les patrons du CAC 40.

Or, on le sait, et c’était d’ailleurs mon article de la semaine dernière – coïncidence – les petites entreprises TPE, indépendants, artisans, commerçants représentent plus de 90% de la force économique du pays, or : tout reste à faire en terme d’emploi, de fiscalité, d’apprentissage…

D’où l’émergence de ce nouveau groupement pour représenter ceux qu’on n’entend pas.

Olivier Bidou, tête de liste et Fédéric Malaval, au micro.
Olivier Bidou, tête de liste et Fédéric Malaval, au micro.

Un porte-voix pour les « petits » patrons

En effet « Les oubliés de l’Europe » mené par Olivier Bidou, veut représenter les … oubliés ! Ces chefs d’entreprises qui travaillent du matin au soir, la tête dans le guidon, qui n’ont pas le temps de passer à la télévision ou dans les médias – autrement que pour faire un peu de publicité pur leur entreprise – les indépendants ou les professions libérales qui peinent à se faire entendre dans leurs revendications.

En terme de valeur et de programme, « les oubliés » propose la revalorisation des savoirs-faire, la relance de l’emploi, l’harmonisation des charges sociales, une revalorisation de l’apprentissage, la re-dynamisation des centre-villes

Dans un contexte de grand débat national, de marmite bouillante, du sentiment d’incompréhension, de tricotage et détricotage de lois avec lesquels les artisans, commerçants et indépendants doivent se débrouiller, je trouvais intéressant de dire :

Ah, enfin, un groupe qui pourrait porter le message de manière intelligible, ça fait du bien, non ?

Emilie Courts

grand débat CCI entreprises strasbourg

Grand débat : les entreprises ont la parole

Ce Lundi 04/03/19 était organisé à la CCI de Strasbourg, place Gutenberg, la version « pro » du grand débat national. La parole est (enfin) donnée aux entreprises, pour qu’elles s’expriment, elles aussi, sur ce qui ne va pas. Consigne du jour, à travers 3 grands thèmes et en 1 heure de temps, par petits groupes sous forme d’ateliers : faire émerger des propositions concrètes pour le gouvernement.

Grand Débat national :
les dirigeants des entreprises alsaciennes appelés à s’exprimer…

Fiscalité, dépenses et actions publiques

De prime abord, on constate que c’est l’atelier qui a suscité le plus grand intérêt. Plus d’une vingtaine de chefs d’entreprises ont répondu présents pour cet atelier, scindé en petits groupes. Les discussions s’articulent autours de plusieurs points phares et notamment les aides aux entreprises et le poids des impôts.

Lorsqu’on tente d’établir un diagnostic de départ, les entreprises sont formelles : si elle géraient leur budget comme est géré celui de l’état, elles feraient incontestablement faillite ! Où placer le curseur entre l’austérité et le contrôle ? Par quoi commencer ? Par l’état d’esprit de la France en général ? Par la désertification des campagnes, la chute de l’industrie, la mondialisation ?

Il y a trop de dépense publique, c’est un fait. Trop de dépense ou des dépenses mal ciblées, sans doute ! La problématique provient du simple fait que le domaine public n’est pas géré comme une entreprise.

Là où une entreprise a des réflexes de rationalisation et de profit, l’Etat a le souci de dépenser un budget donné.

C’est la grosse différence en terme d’efficience. La collectivité doit dépenser son enveloppe, sinon elle est perdue. Pour ce faire, elles jouent avec des délais à géométrie variable (délais de réponse, de traitement) alors qu’une entreprise n’a pas le droit à l’erreur. La date de la cotisation URSSAF, la date de la déclaration de TVA, c’est la date. Pas de dérogation ou c’est la sanction. La collectivité, elle, peut payer avec 3 ou 6 mois de retard… d’où ce sentiment d’injustice et d’incompréhension entre les deux univers. Ce sentiment du manque de bienveillance, d’une entreprise « présumée coupable » est profond en France, et très éloigné de ce que l’on constate dans d’autres pays où gagner de l’argent est un accomplissement, le « travail », une valeur positive.

C’est sans appel, aujourd’hui les « petits patrons » se sentent sous la charge et accablés, pris pour la banque de l’Etat (le terme de vache à lait n’a pas été prononcé). Dernièrement, on a entendu des gilets jaunes revendiqueret en guise de réponse : vous voulez une prime, demandez à votre entreprise… Les cotisations sociales qui plombent un bilan, la revendication sur les baisses de charges… que faire, mais que faire ?

Mais alors, quels sont les leviers des entreprises ? A la différence des GAFA et autres grands groupes, les PME n’ont aucun pouvoir sur l’Etat !

Aujourd’hui, en France, on joue au plus malin, à celui qui arrive à échapper à l’impôt. Pour ce faire, certains – qui ont les moyens (juristes, avocats fiscalistes…) -jouent avec les failles pour échapper aux lois. Celui qui gagne un peu est tout de suite ponctionné. C’est terriblement démotivant et injuste au regard des taux en vigueur ! On arrive alors à un point clé : Pourquoi taxer le bénéfice des petites entreprises ?

Pourquoi ne pas, au contraire, défiscaliser le fruit du travail voire supprimer l’impôt sur les sociétés ?

L’entreprise qui fait du bénéfice peut le réinvestir dans son outil de travail, dans de la communication ou le redistribuer à ses salariés ! Ce serait un grand pas pour redonner de la confiance, de l’air, de la liberté. Un souffle d’air, les entreprises en ont besoin, comme le fait de défiscaliser de nouveau les heures supplémentaires. Ouf, il était temps !

La classe politique est déconnectée de la réalité du terrain. Les petits entrepreneurs qui « galèrent » sont mis dans le même panier que les grands du CAC40 ! Pourquoi ne pas organiser des formations en entreprises, obligatoires pour les membres des administrations ? Envisager des immersions, des médiations ou mieux, des remontées d’informations efficaces et régulières aiderait à réduire ce fossé et ce temps de réaction trop long de la part de la classe politique.

L’idéal, serait la mise en place d’une Commission, un Conseil des sages, apolitique, qui se ferait le relais entre les entreprises et les législateurs.

En réfléchissant sur le long terme, cette commission permettrait également de valider, fixer les lois fiscales afin de les rendre pérennes d’un mandat à l’autre et, même si nul n’est censé ignorer la loi, abordables par tout un chacun ! Peut-être que cette commission pourrait se pencher également sur les problématiques territoriales qui sont, effectivement, bien différentes d’une région à une autre.

90% des entreprises sont des TPE-PME, il est grand temps de les considérer. Je dirai, de les bichonner !

Eric HUBLER, désigné porte-parole de cet atelier avec Fabrice URBAN et Jean-François MAES résumeront les propositions ainsi :

« Les lois ? on finit par ne plus rien y comprendre. Même les personnes dont c’est le métier doivent décortiquer en profondeur les textes, qui sont formulés de manière quasi-incompréhensible. Il faudrait créer une Commission pour pérenniser la fiscalité et ainsi éviter de déconstruire ce que le précédent président a mis en place deux ou trois ans auparavant. »

« Baisser l’impôt pour relancer l’activité, baisser la dépense pour baisser l’impôt… la solution serait de transformer les français en suisse-allemands ! Pour commencer, l’idée serait de simplifier la fiscalité et de la rendre stable. Peut-être qu’il faudrait passer par la suppression des impôts de production et taxer les bénéfices… et supprimer toutes les aides pour baisser la fiscalité… Mesure drastique, j’en convient. Enfin, en finir avec cet écart minime entre activité et non activité et valoriser fortement le travail. »

« Désigner un responsable de la cour des comptes qui ne servirait pas seulement à énumérer, réformer l’éducation nationale pour dégrossir le mammouth et valoriser les filières professionnelles du BTP et de l’hôtellerie »

Transition écologique

Dans ce domaine, Laurent DUFOSSE et une collaboratrice rapporteront les suggestions suivantes :

« En Allemagne, le recyclage fonctionne, et ce n’est pas plus cher de consigner le plastique et le verre, alors pourquoi ne pas s’en inspirer ? Il faut aussi stabiliser le processus dans la démarche de transition écologique. On ne sait plus sur quel pied danser quand la législation change tous les trois à quatre ans alors que nous préparons généralement des projets sur cinq à dix ans ! »

Organisation de l’état et des services publics

L’atelier ayant tout de même séduit trois chefs d’entreprise accouchera des mesures suivantes au travers de son rapporteur:

« Il faut vraiment simplifier les marchés publics pour les petites entreprises. C’est très lourd et pénible de passer plus d’une semaine à remplir des formulaires DC1, DC2, alors qu’on sait pertinemment qu’on a aucune chance de remporter l’appel d’offre. Il faudrait peut-être instaurer des seuils ou des quotas pour laisser la chance aux petits, d’autant plus que les administrations aiment travailler avec des acteurs humains et locaux. Enfin, supprimer le Conseil économique et social permettrait de récupérer 40 Millions d’euros. C’est une structure consultative, coûteuse… elle ne sert à rien. Par la même occasion, on supprimerait la rente des anciens présidents aussi. Ce débat serait à refaire tous les ans, en variant les thématiques et en abordant les spécificités locales. »

Le 04/03/2019, consultation des entreprises pour le Grand Débat
Le 04/03/2019, consultation des entreprises pour le Grand Débat

En conclusion…

Philippe LLERENA, Président de la CPME du Bas-Rhin, prend la parole et résume les propositions.

En tant qu’entrepreneur, je veux bien prendre des risques, mais je veux connaitre les risques… avant !

Que les bénéfices qui restent dans l’entreprise et qui ne sont pas distribués sous forme de dividende soient défiscalisés lui apparaît comme une bonne solution dont la CPME avait déjà fait part. Effectivement, ce serait une mesure phare pour valoriser l’entreprise et l’emploi, tout comme la proposition de changer le statut de ceux qui n’ont « économiquement aucun intérêt à aller travailler« .

« Faites un effort et gagnez moins d’argent ! Il n’y a qu’en France qu’on voit cela ! »

Esuite, en ce qui concerne la réforme de l’apprentissage qui est déjà sur les bureaux du gouvernement, il y a des gros risques par rapport à la privation… qui va capter les « jeunes » les plus « intéressants » ? Je vous laisse deviner… Et pour finir, les entreprises devraient avoir le droit et la possibilité de porter plainte pour harcèlement administratif. Dans certains cas, il y a vraiment de l’abus qu’on peut légitimement qualifier de harcèlement!

Olivier KLOTZ, Président du MEDEF Alsace, résume à son tour la situation : L’Etat a engagé une démarche inédite de consultation des citoyens pour leur permettre d’exprimer leurs attentes. C’est une belle opportunité pour les dirigeants d’entreprises de faire entendre la voix du monde économique. Faisons remonter des propositions destinées à faciliter la vie de tous les citoyens-entrepreneurs qui s’engagent au quotidien pour créer de la richesse et des emplois en France !

Pour le mot de la fin Jean-Luc HEIMBURGER, Président de la CCI Alsace Eurométropole, prend la parole à son tour :

Alors que dans certains pays, quand on crée une entreprise, on te souhaite BONNE RÉUSSITE, en France on te tape sur l’épaule et on te souhaite BON COURAGE !

Le travail est un gros mot, l’Education Nationale devrait augmenter le volet Education Civique… et « alors que les députés sont élus pour nous représenter, dès qu’ils sont élus, on est obligé de leur coller au train pour leur demander des comptes ! »

Cette consultation est une bonne chose, et en tout cas, on peut être surs que la CCI fera tout pour que cela n’accouche pas d’une souris et que les revendications vieilles de plus de trente ans soient enfin suivies d’effet !

 

Emilie COURTS

Vous me voyez ?

Lorsqu’on ne peut qu’applaudir et adhérer à un message, c’est qu’il est bien choisi. Il ne prête ni à confusion, ni à interprétation, et la seule réponse possible est : « oui, c’est vrai / oui d’accord! »

C’est cela qu’on appelle de la Bonne Com’… et ça n’arrive pas si fréquemment.

La clé d’un message publicitaire est pourtant simple !

Il faut pouvoir répondre facilement et simplement aux questions suivantes :

  • à qui ça s’adresse ? qui est concerné ?
  • de quoi on parle ? qu’est ce que c’est ?
  • qu’est ce que je dois faire ?

Si, de surcroît, on peut se permettre une touche d’humour, le tour est joué !

La publicité urbaine

L’affichage 4/3 , la communication sur bus & taxis, les affiches abribus… sont des campagnes de communication bien particulières.

Certes, il y a le format, qui est GRAND ! Mais pourquoi est-il grand ? Pour mettre plein de choses dessus ? Pas du tout ! Pour afficher Grand et que le message soit lisible. Mais pourquoi donc ? Parce que les passants, et surtout les automobilistes passent devant… ils PASSENT ! Ils ne s’arrêtent pas ! Sauf au feu rouge. Chance.

Le message doit être lisible tout de suite, ou en quelques secondes, le temps de passer devant ! Petite exception pour l’affiche abribus qui dispose de plus de temps car les personnes qui attendent le bus sont aussi concernées. Ce type d’affichage est l’affichage le plus court en terme de temps et se doit d’être le plus percutant, le plus immédiat, le plus représentatif : tout, tout de suite !

Rappelez vous de la campagne Adopte un mec ou Mac Donald… Difficile de faire plus concis (on pourrait aborder le FLAT design, mais pas maintenant).

Affiches Mac Donald « minimalistes »

Adopteunmec.com se passe de commentaire

 

Un message immédiat

Il faut travailler l’affichage pour solliciter l’adhésion immédiate. Dans les exemples précédents, on part du principe que le message n’est plus nécessaire, car tout le monde – à priori – connait la marque ou la référence. On ne vend plus le produit, on rappelle juste la marque, et on crée l’envie du concept, tout aussi figuré et abstrait soit-il. Pour ceux qui ne connaissent pas l’idée, le message est tellement insolite qu’ils vont forcément en parler à quelqu’un qui lui dira :

mais si, bien sûr, c’est TELLE marque ! Quoi, tu ne connais pas !?

Jouer avec le support

Evidemment, la campagne est alors phénoménale si elle s’intègre parfaitement à son milieu et si elle est adaptée à son support soit par le fond, le message, soit par la forme (détournement d’une image, etc.)

Ainsi, la campagne de Publimat est une belle réussite :

Publimat, afficheur local : vous nous voyez ? On vous verra !

Message concis lisible en 3 secondes, contact (call to action) bien visible, bonne com à n’en pas douter. Comme on dit par ici… GG !

 

En conclusion…

Il y a trop de messages publicitaires confus ou obscurs qui nécessitent de facto du temps pour les lire et donc pour les comprendre. D’une part, c’est dangereux car en conduisant, l’automobiliste doit regarder la route, et d’autre part, la publicité n’a pas l’impact maximum qu’elle devrait avoir. Pour concevoir une publicité « sur la route »… apprenez à afficher l’évidence !

 

Emilie COURTS

facebook est devenu politique

La manipulation de masse

La manipulation des masses par les réseaux sociaux est plus que d’actualité en ce mois de décembre 2018. Gilets jaunes, attentat, chacun y va de son partage de sentiment.

J’étais déjà courroucée par ce principe alors même que n’importe qui peut laisser son avis sur n’importe quoi avec les fameuses petites étoiles jaunes (mais c’est un autre sujet). Aujourd’hui, la bêtise atteint un stade ultime en se mêlant de politique.

Facebook est devenu une arme. L’idiocracie est terrible.

Tout le monde donne son avis

Je ne vais pas polémiquer et donner mon avis sur le fond des thématiques actuelles des gilets jaunes ou des attentats à Strasbourg. Ce n’est pas le sujet. C’est uniquement le support de ce qui se passe en ce moment.

Donner son avis… avant

Constat est fait que lorsqu’on donne un avis sur internet, l’avis est pris en compte, peu importe qu’il soit vérifié ou non. ainsi, avec une force de frappe en réseau, on peut facilement détruire la réputation d’un établissement professionnel comme un hôtel ou un restaurant, avec une guerre de faux avis, parfois documentés de fausses photos.

Comme les réseaux sociaux sont, malgré tout, anonymes : les avis sont invérifiables et on ne peut pas les démentir.

Le droit de réponse n’existe pas ou n’est pas pris en compte. La perte de clientèle et la chute est inéluctable, à moins d’utiliser cette même arme pour publier de faux avis positifs.

Se mêler de politique

Tant qu’il s’agissait de nuire à la réputation (e-réputation) d’une personne ou d’un établissement, les conséquences étaient limitées.

Mais on peut dire aujourd’hui que la bêtise des réseaux sociaux a franchi un cap.

Aujourd’hui, Facebook est devenu politique. On est en train d’attiser le feu, agiter la tempête, secouer le fumier; parce que tout le monde a envie d’y mettre son grain de sel, tout le monde se sent concerné, tout le monde a une revendication. Pire, si vous n’êtes pas dans le mouvement, vous êtes pointé du doigt, fustigé, excommunié !

Conflit intraitable

Gilets jaunes

Prenons le cas des gilets jaunes. D’une revendication à propos du carburant, nous sommes aujourd’hui dans un nuage noir de profond mal-être complètement flou. Il n’y a pas de liste précise, ni d’interlocuteur précis, car tout le monde … c’est personne. Comment répondre à des objections aussi nombreuses que les individus d’un mouvement ? Sans oublier qu’au sein des Gilets jaunes certains ne sont pas d’accord avec d’autres Gilets jaunes.

Là où la communication sur Facebook (moyen privilégié, facile et gratuit pour organiser les rassemblements) devient dramatique, c’est qu’une vidéo devient très vite virale, sans que personne ne vérifie la source ou même la véracité des faits.

C’est le même principe sur Twitter.

On peut Liker, partager, commenter d’un clic, mais rien ni personne ne vérifie la source ou ne présente un point de vue différent sans se faire insulter et harceler, traiter de comploteur, de vendu et j’en passe. Personne pour ne rétablir la Vérité, à moins de passer des heures à décortiquer les faits et apporter les réponses, point par point en expliquant chaque chose par A + B.

Illustration par l’exemple

La vidéo qui a fait le « BUZZ » montre une personne âgée lors d’une manifestation. Elle est, selon la vidéo, gazée et bousculée par les CRS. Bien sur, tout le monde s’empresse avec empathie et indignation de partager, commenter, la vidéo et réconforter cette pauvre femme victime de ces horribles policiers.

1,4 M vues · 3,6 K commentaires · 53 414 partages. En description :

Moyenne d âge des 2 manifestants 70 ans
Acte 1 on gaz
Acte 2 on charge par l’arrière la dame âgée
Acte 3 on pousse le monsieur âgé
Acte 4 on remet un coup de gazeuse pour la route
Pas que des prix Nobel chez les CRS…

Quelle honte ! Partagez moi ça ! Même pas le respect des anciens, mais dans quelle pays vit-on sérieusement ?

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FAdamGuillaumeOfficiel%2Fvideos%2F1779183185543228%2F&show_text=0&width=560

Pourtant, la vidéo est fausse

C’est un CRS qui a rétabli les faits en faisant des arrêts sur image et en expliquant, étape par étape, ce qu’il en était. Effectivement, lorsqu’on prend le temps de regarder sans tout de suite tomber dans le registre de l’émotion, on peut se demander effectivement qui pousse cette dame, car on ne le voit pas bien. Pourquoi on ne le voit pas ? Parce que c’est orchestré. C’est une manipulation, purement et simplement. On ne voit que ce qu’on a envie de voir…

1,8 K vues · 1 171 commentaires· 12 945 partages

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FJESUISCRS%2Fvideos%2F2014055918669997%2F&show_text=0&width=560

 

Dans le cas des gilets jaunes, par cet exemple, on voir effectivement des tentatives pour récupérer des situation, les arranger, les modifier, les transformer, soit par un cadrage, soit par une mise en scène, soit par un contexte… afin de manipuler les foules et susciter l’adhésion.

La clé de cette manipulation : jouer avec quelque chose de viscéral, une émotion, une indignation très forte.

Une analyse fine à ce sujet : France TV Info – Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS et politologue 

Attentat de Strasbourg

Là encore, Facebook se mêle de ce qui touche l’émotion, l’horreur même dans le plus profond du cœur des gens. Des photos – des « screenshots » (captures d’écran) – ont été divulguées, laissant sous-entendre que cet attentat aurait été orchestré pour mettre fin au conflit des gilets jaunes.

Donc on aurait payé un type fiché S pour tuer une poignée de personnes lors du marché de Noël de Strasbourg, uniquement dans le but de mettre en pause un mouvement contestataire ?

Encore une fois, l’émotion prend le dessus, avec une certaine dose de naïveté, à mon avis.

Je valide l’instinct grégaire lorsqu’il s’agit de survie, mais pas lorsqu’il s’agit de suivre des conneries et les propager.

Idiocracie, retenez bien ce mot, je l’utiliserai souvent lorsqu’il s’agit de la communication de masse. C’est désolant; et pour en mesurer l’étendue, regardez le film du même nom. Au moins, vous vous serez divertis 90 minutes.

 

Emilie COURTS

ECHO Editions, maison d'édition à compte d'éditeur

Réalisez un rêve, devenez auteur

« Réalisez un rêve, devenez Auteur(e) »

Voilà en résumé la campagne de communication lancée sur Facebook depuis une semaine par la Maison d’Edition Strasbourgeoise ECHO Editions.

Lors de la première lecture de ce slide, on observe une accroche « Et si vous vous offriez un rêve » suivi de « devenez Auteur », puis concrètement : « ECHO Editions recherche des nouveaux talents, envoyez votre manuscrit au Comité de Lecture (…) »

En fond, de la neige, un sapin de Noël et des cadeaux situe l’action dans le contexte de la fin d’année et des fêtes qui approchent.

Alors Bonne Com’ ou Mauvaise Com’ ?

Un retour très positif

Un comptage de chiffres…

Le premier retour positif a été dans le nombre de personnes atteintes, facilement calculable en additionnant le nombre de vies dans les posts respectifs.

Le second élément pour calculer l’impact est de considérer le nombre de commentaire. Un adage dit : celui qui commente ou qui formule des objections manifeste déjà un intérêt (puisque si c’était sans intérêt, il passerait simplement son chemin).

Toujours quantifier le retour !

Des statistiques, des chiffres, compter toujours compter pour savoir si une com’ est positive ou pas !

Et lorsqu’on analyse le retour en terme de mails ou de visite sur le site, on peut constater que la publication a atteint son objectif à moindres frais. Tout est une question de ciblage, encore une fois : Facebook, dans ce cas = validé (et gratuit ou presque).

Devenir auteur pour Noël ?

Convertir les interrogations en certitudes

Dans les faits, c’est un peu plus subtil que ça. En effet, l’annonce volontairement aguicheuse pour susciter l’intérêt (méthode AIDA : «Attention/Intérêt/Désir/Action») atteint son but par le simple fait d’être visible, générer des commentaires, des interrogations, des mails de contact (et donc des clients potentiels).

Cela permet au cas par cas à l’éditeur de traiter les objections et en donnant des réponses personnalisées, transformer les prospects inquiets en clients. Car le but de toute entreprise commerciale  qu’on parle d’auteurs, de patients ou que sais-je, au final ce sont des clients — c’est d’être rentable et générer du Chiffre d’Affaires.

Jouer sur l’effet inconscient

En effet, l’inconscient associant le sapin et « devenez auteur » effectue le raccourci : je vais avoir mon livre édité tout beau tout chaud entre les mains pour noël… le délai semble un peu court pour être sérieux.

En détail, l’Editeur propose une réponse de principe avant le 25/12, à travers un contrat de publication, et c’est déjà pas mal. Toute la profession sait qu’il faut raisonnablement plus de 3 semaines pour publier un bouquin !

A y regarder de plus près, c’est bien le « devenez Auteur » qui prête à confusion. Ce n’est nullement marqué : ayez votre livre imprimé pour noël sous le sapin. Et on peut légitimement se poser la question : à partir de quand devient-on Auteur ?

Les clés d’une pub réussie

Une campagne de communication basée sur un événement actuel qui parle à tout le monde, et positif = Noël. C’est toujours mieux que de parler des Gilets Jaunes et de la crise que traverse la France à l’heure actuelle.

Un « Call to Action » bien visible. Faites CA : Envoyez un mail. C’est direct, précis; expliqué pourquoi comment par une petite accroche et un contexte. On hésite encore ? Pour plus d’infos il y a encore une petite ligne en bas qui précise les choses avec une adresse de contact.

Un joli visuel, brillant comme Noël mais pas trop kitsch, simple et sexy, c’est propre. Un bémol pour l’interprétation de la phrase « devenez Auteur » mais sinon on est là dans une Bonne Com’.

… comme on dit dans le jargon : GG (Bien Joué).

Emilie COURTS

Devenir le roi des réseaux sociaux

En perdant mon temps parcourant Facebook la semaine passée, je suis tombée sur un message qui a retenu mon attention, comme plusieurs milliers de personnes. Une alerte Info, titrée en rouge INCIDENT, avec un logo qui ressemble à un journal, et qui annonce : Un homme arrêté pour avoir mis de fausses flèches autocollantes à Ikea. Vous l’avez vu aussi ? Bienvenue dans l’univers du Troll autrement dit, de la fake news : vous vous êtes fait berner.

Une des clés de la réussite sur les réseaux sociaux

On se demande souvent comment devenir populaire, comment dire au monde entier qu’on est le plus beau, que son idée est la meilleure, que son produit est incontestablement plus fiable que ceux de la concurrence… Il n’y a pas de miracle. Juste de la communication.

C’est tout bêêêête

Ce n’est pas le meilleur produit qui va être connu et se vendre, c’est celui dont on parle, celui qui a la meilleure … communication ! Et les réseaux sociaux sont formidables pour véhiculer n’importe quel message, même s’il est faux.

Certains ont bien compris l’importance du partage sur les réseaux sociaux, car nous tous, nous sommes bel et bien des moutons… (c’est abject)

Un message choc

…et tout le monde fonce tête baissée. C’est tellement vrai ! Et cela arrive également certains journalistes qui se basent sur des informations issues d’internet sans vérifier la source ! Tout le monde y croit, plus c’est gros, plus ça passe. Comme ça me révolte !

Mince, les gens, soyez intelligents, quoi = vé-ri-fiez la source !!

Analyse de la fake news

La fake news en question, donc, annonce : « Un homme arrêté pour avoir mis de fausses flèches autocollantes à IKEA semant la confusion et créant un labyrinthe sans sortie ». Le post est accompagné d’un label, d’un logo, d’une date et d’un mot-clé (tag) IKEA.

20181108_fake_news
18 000 vues pour une fake news ? de quoi devenir chèvre.

Accrochez-vous mesdames et messieurs, à la date où j’ai vu ce post (soit le 26 octobre), il y avait :

3 200 commentaires
5 149 partages
18 000 vues

Alors que le petit auteur du coin faisant le meilleur roman du monde obtient 3 minuscules Like et 2 partages, c’est scandaleux.

Pourquoi ça marche ?

Tout le monde tombe dans le panneau, pourquoi ?

  • Le post a l’air sérieux par sa présentation
  • Le titre est accrocheur (un homme arrêté)
  • Le sujet est connu (ikea)
  • C’est humoristique (l’idée de la confusion et du labyrinthe)

Tous les ingrédients sont réunis pour que cela fonctionne : un emballage sérieux, du scandale, du connu, de l’humour…. partagé plus de 5000 fois

Mais quel est le but ?

Les vues, évidemment ! Non seulement le logo de ce site de (fake) news a été vu 18000 fois, mais surtout, un nombre considérable de personnes a cliqué sur le lien pour en savoir plus et le nombre de visiteurs de ce site a grimpé en flèche (même si l’article au final est complètement creux).

Petite modification ni vu / ni connu

J’ai pu découvrir que le titre original de la publication était : « Un homme arrêté pour avoir mis de fausses flèches dans un Ikea, créant un labyrinthe sans sorties: 12 morts. »

Sans doute trop extrême, le « 12 morts » a été retiré pour plus de crédibilité et passer plus facilement tout en gardant un flou artistique. Effectivement, il n’y a aucune notion de lieu, de date, d’âge du suspect… « Un homme arrêté » peut être un père de famille, un voisin, un ivrogne ou un ancien employé…

Le trolling ou la fake news

Si c’est bien fait, ça peut rapporter gros ! Nous l’avons vu : énormément de commentaires, de relais, beaucoup de bruit en prenant cette information pour argent comptant à en lire les commentaires : « Y’a des Génie à Ikea ». Pour le coup, parmi les imbéciles internautes touchés par ce post, j’imagine que la plupart a partagé sur son propre mur ou commenté sans chercher plus loin, mais qu’une bonne partie tout de même a cliqué sur l’image et augmenté significativement les statistiques du site de l’auteur.

Troller, c’est à dire diffuser des fausses informations ou… polluer internet de messages exagérés, provocateurs ou erronés peut s’avérer payant pour un site satyrique, humoristique, mais c’est une clé puissante de la réputation sur les réseaux sociaux à utiliser avec précaution au risque de provoquer un bad buzz, notion que j’aborderai sûrement dans un prochain article. J’aimerais parler de l’idiotie des gens à travers le phishing aussi, mais ce sera tout de suite moins drôle parce qu’il y a des sommes d’argent en jeu… Il y a tellement à dire sur la naïveté du petit web surfeur du dimanche, sur l’e-réputation et ce monde passionnant de l’idiocracie la sphère sociale !

Donc pour en revenir à nos… moutons… c’est de la Bonne Com’ évidemment ! Pour « L’art du trolling » et le community manager de thereisnews.com, comme on dit dans le jargon : GG (Bien Joué).

Emilie COURTS